Paul Amar et son histoire

Paul Amar naît en Alger en 1919, dans une famille qui compte quatorze enfants, d'un père maroquinier d'art et d'une mère brodeuse. Deux métiers qui laissent une large place à l'imagination, et qui privilégient la créativité.

C'est pourtant vers la coiffure que se tourne le jeune Paul. A dix-sept ans, il vient à Paris, pour y apprendre ce métier. Un métier qu'il n'aura guère le temps de mettre en pratique puisque, appelé sous les drapeaux en 1939, il restera en Allemagne, prisonnier quelques temps puis libéré.

Sept ans après, il retournera à Alger pour y reprendre la coiffure, et surtout pour y épouser Rose, toujours à ses côtés aujourd'hui. Mais la coiffure après la guerre, n'était pas lucrative, et Paul abandonne les ciseaux pour le volant : il devient chauffeur de taxi.

En 1955, nouveau départ pour Paris, et retour à son premier métier : il ouvre à Ménilmontant un salon de coiffure, qu'il abandonne deux après, Rose s'accoutumant mal à la vie "en métropole", pour retourner à Alger, et reprendre son taxi.

En 1962, il est rapatrié en France, à Marseilles d'abord, puis de nouveau à Paris où il "fait le taxi" pendant cinq ans encore, avant d'entrer à l'agence de publicité Havas, où sa femme travaille depuis queques années déjà. Il y prend sa retraite en 1979, comme agent de maîtrise au département des petites annonces.

Une vie bien remplie, mais dans laquelle ni l'art, ni les coquillages ne semblent jouer le moindre rôle. Et le hasard, pourtant....

Le hasard, il attend Paul dans une petite maison en Vendée, propriété de la famille, où il se rend régulièrement pour ses vacances. Le hasard, c'est cette petite boutique de souvenirs, dont Rose et lui poussent la porte, un jour de l'été 1974, pour y acheter quelques cartes postales.
Et là, en attendant d'être servis, Paul furète, et tombe sur une série d'objets en coquillages. Rien d'exaltant ni d'original, simplement ces petits coffrets ornés de coques ou de pétoncles, ou ces cendriers nacrés que l'ont trouvait alors - et que l'on trouve toujours - dans tous les magasins de souvenirs des ports et des stations balnéaires. Ce sont ces petits objets, qui vont déclencher en lui quelque chose.

Dès le lendemain, Paul commence à parcourir les plages à marée basse pour y récolter palourdes, berniques, coques ou couteaux. Et avec le fruit de ses récoltes, il réalise de petits animaux, des chiens, des chats, des tortues qu'il dispose dans des caisses. Mais à ces petits animaux, il a très vite envie de donner un "cadre de vie".
Toujours avec des coquillages, et aussi des crabes, des étoiles de mer ou des oursins qu'il travaille et peint, il crée des décors.
Comme il le dit lui-même aujourd'hui encore, "c'est un virus qui m'a envahi, je l'ai dans le sang, et je ne m'en guérirai jamais..."

Le monde rêvé de Paul Amar va alors commencer à prendre forme...


Paul et sa femme Rose